Le Murmure : l’écho d’une dissonance maîtrisée

Le Murmure : l’écho d’une dissonance maîtrisée Entre élégance éditoriale et brutalité graphique, la typographie Le Murmure ne se contente pas de porter un nom ; elle impose une voix. Zoom sur une création qui fait vibrer le design français entre équilibre savant et déconstruction assumée. L’harmonie du chaos : une rythmique unique Pour saisir l’essence du Murmure, il faut accepter de perdre ses repères. Contrairement aux polices classiques qui cherchent la régularité absolue, Le Murmure joue avec brio sur la dissonance. Elle propose une structure condensée, dénuée d’empattements, mais habitée par un contraste de traits qui rappelle les plus belles heures du modernisme. Chaque lettre semble porter sa propre micro-histoire. Ce n’est pas une simple suite de glyphes, c’est un rythme saccadé, une partition où le blanc tournant devient aussi crucial que l’encre. On y retrouve cette rigueur mathématique propre au design de pointe, soudainement bousculée par des variantes stylistiques surprenantes qui brisent la monotonie. L’humain au cœur du tracé : l’héritage Velvetyne Ce qui rend Le Murmure si vibrante, c’est son appartenance à la scène libre et expérimentale. Distribuée par la fonderie Velvetyne, elle incarne une vision du design où l’outil est mis à disposition de tous pour être détourné, réinterprété, magnifié. Elle ne se limite pas au papier ; elle envahit le web et l’espace urbain avec une agilité déconcertante. L’artiste ne s’est pas contenté de dessiner un alphabet ; il a créé un système. Grâce à une fonction OpenType aléatoire, la typographie semble presque vivante, changeant de visage au fil des mots. C’est cette imprévisibilité, ce « bruit » subtil dans le signal, qui fait d’elle une alliée de choix pour les projets qui refusent le tiède. L’épure acide : le regard Oversour Ce qui nous captive dans cette création, c’est sa capacité à être à la fois luxueuse et radicale. Sous ses airs de titrage de magazine de mode, elle cache une robustesse brutaliste qui n’a peur de rien. Elle traite le mot comme une sculpture, le texte comme un paysage. Le Murmure nous rappelle que le design n’est pas là pour faire silence, mais pour murmurer assez fort pour que l’on ne puisse plus ignorer son message. C’est une archive du futur, un outil pour ceux qui considèrent que la typographie n’est pas qu’une police, mais une véritable extension de la pensée. PRÉCÉDENT

Maria Svarbova : l’esthétique du silence et le rêve chloré

Maria Svarbova : l’esthétique du silence et le rêve chloré Il existe des univers où le temps semble s’être figé sous une couche de vernis pastel, un espace suspendu entre la nostalgie d’un passé socialiste et la pureté d’un futur minimaliste. Mária Švarbová, photographe slovaque au regard d’archéologue, explore ces lieux avec une précision chirurgicale, transformant des espaces fonctionnels en scènes oniriques d’une étrange sérénité. Chez Oversour, nous aimons les visions qui purgent le réel de son superflu pour n’en garder que l’essence. C’est précisément ce que propose Maria Svarbova. Elle ne capture pas des scènes de vie, mais érige des tableaux cliniques où le silence devient palpable, transformant le banal en une archive visuelle fascinante. L’héritage socialiste : une géométrie de l’ordre Pour comprendre Svarbova, il faut regarder les murs qu’elle photographie. Son travail s’ancre dans l’architecture fonctionnaliste de l’ère soviétique en Slovaquie. Que ce soit dans sa série emblématique « Swimming Pool » ou dans ses explorations urbaines, elle transforme des lieux autrefois austères en sanctuaires de la symétrie. Là où le quotidien voit du béton froid et des carrelages uniformes, Maria injecte une harmonie chromatique. Elle traite l’espace comme une grille mathématique où chaque ligne de fuite renforce un sentiment de perfection absolue. C’est une relecture poétique d’un passé figé, dépouillé de sa rudesse pour n’en garder que la ligne pure. La démarche : l’humain comme sculpture Pourquoi figer ses modèles dans des postures si rigides ? Dans ses compositions au bleu chirurgical ou aux rouges profonds, l’artiste orchestre un contraste radical entre la vie et l’immobilité. Cette mise en scène n’est pas le fruit du hasard. En dénuant ses modèles de toute expression, elle engage une réflexion sur la standardisation de l’individu dans la société. Les personnages deviennent des modules architecturaux, des touches de couleurs qui habitent le vide sans jamais le troubler, nous invitant à une contemplation pure et presque hypnotique. Une architecture de l’absence Ce qui nous fascine chez Oversour, c’est cette capacité à transformer un lieu commun en une véritable sculpture visuelle. Svarbova traite la photographie comme une toile minimaliste où le carrelage ou le comptoir d’une boucherie deviennent des textures graphiques. Ses clichés ne sont pas de simples souvenirs ; ce sont des expériences sur la solitude et l’espace. Ils nous rappellent que la beauté peut naître de la répétition et que le vide, lorsqu’il est maîtrisé par un regard d’archéologue moderne, possède sa propre force monumentale. Sources et inspirations : Maria Svarbova — Swimming Pool, monographie explorant l’esthétique des piscines socialistes.The Guardian — critiques sur la série — The Butcher et l’usage de la palette pastel dans la photographie contemporaine.Vogue — entretiens avec l’artiste sur son processus créatif et sa formation en archéologie.Beaux Arts Magazine — études sur le minimalisme photographique et la mise en scène du corps commeélément architectural. Crédits photographiesImages © Maria Svarbova   PRÉCÉDENT

Lacoste : le retour au luxe par l’archive

Lacoste : le retour au luxe par l’archive Après des années à naviguer dans les eaux troubles de l’athleisure de masse, Lacoste opère un virage stratégique majeur. Ce rebranding, orchestré en interne, ne cherche pas la modernité à tout prix, mais puise dans l’héritage pour restaurer un prestige malmené. Chez Oversour, nous observons ce mouvement avec attention : il marque la fin d’une ère où toutes les marques cherchaient à se ressembler par un minimalisme sans âme. Lacoste fait le pari inverse, celui de la singularité historique et de la réappropriation de ses propres codes. L’héritage graphique : le crocodile retrouve sa lignée Le centre névralgique de cette métamorphose est le retour aux sources visuelles de 1927. Le célèbre crocodile ne se contente pas d’un lifting ; il retrouve des détails oubliés, comme sa langue rouge plus marquée et des contours affinés, évoquant l’époque où René Lacoste dominait les courts. Ce n’est pas seulement un logo, c’est un insigne de noblesse sportive. En s’éloignant de la version standardisée et simplifiée à l’extrême, la marque réintroduit de la texture et du caractère. C’est une leçon de design essentielle : parfois, progresser signifie savoir regarder en arrière avec une précision chirurgicale pour retrouver son essence. La typographie et le « Quiet Luxury » : l’élégance du trait Le changement le plus radical réside dans le choix typographique, qui délaisse les codes du sportswear générique pour une police à empattements (serif) sur-mesure d’une élégance rare. Cette nouvelle écriture visuelle, complétée par l’utilisation de la signature manuscrite du fondateur sur certains points de contact, humanise radicalement la marque. Elle installe un rythme et une distinction qui déconnectent instantanément Lacoste du secteur « mass market » pour la replacer dans l’univers du luxe feutré. L’identité devient narrative, traitant le texte non plus comme une information, mais comme une extension du vêtement. Une palette sensorielle : la couleur comme mémoire La nouvelle identité s’appuie sur une palette chromatique recalibrée pour devenir une archive sensorielle. Le vert iconique revient à sa nuance originelle, plus intense, tandis que de nouvelles teintes comme le « clay » (terre battue) et le « farine » font leur apparition. Ces choix ne sont pas fortuits : ils évoquent le grain des courts de tennis et l’off-white du blazer de René Lacoste. Ce focus nous montre que l’identité visuelle de 2026 sera profonde ou ne sera pas. En refusant la facilité du lissage numérique, Lacoste prouve que le patrimoine est l’atout le plus puissant face à l’uniformisation globale, transformant chaque support en une véritable sculpture visuelle. Sources et inspirations : Direction Artistique Lacoste, dossier de presse sur la nouvelle identité visuelle et le retour aux codes de 1927.J’ai un pote dans la com, analyse du rebranding Lacoste : « réinventer son identité par l’héritage » (Avril 2026).La Réclame, focus sur l’évolution des codes graphiques du luxe et le retour aux typographies Serif.TheIndustry.fashion, rapport sur la stratégie de « premiumisation » de Lacoste et l’influence de Robert George sur le nouveau design. Crédits photographiesImages © Lacoste PRÉCÉDENTSUIVANT

Lee Ufan : capturer la poésie du geste et l’essence du vide

Lee Ufan : capturer la poésie du geste et l’essence du vide Dans le tumulte visuel de notre époque, certains artistes nous rappellent que la puissance réside souvent dans la retenue. Chez Oversour, notre quête de l’équilibre nous mène inévitablement vers l’œuvre de Lee Ufan. Maître de l’épure, il nous enseigne que la poésie du geste ne nait pas de l’accumulation, mais de la rencontre juste entre l’artiste, l’outil et la matière. Un souffle bleu dans le passage du temps L’œuvre de Lee Ufan, et particulièrement sa série From line, est une méditation visuelle à l’état pur. Chaque ligne naît d’un pigment dense pour s’épuiser lentement vers le vide. C’est le tracé d’une respiration qui s’efface, une trace tactile du temps qui s’écoule. Pour nous, designers, c’est une leçon magistrale : comment un seul trait, s’il est habité, peut habiller l’espace avec une intensité totale. L’acidulé du minimalisme : le dialogue des contraires On pense souvent que le minimalisme est froid. Chez Oversour, nous y voyons au contraire une vibration acidulée, un contraste saisissant entre ce qui est montré et ce qui est suggéré. Lee Ufan travaille ce dialogue entre le « faire » et le « ne pas faire ». Dans ses installations, la pierre brute rencontre le métal poli ; dans ses peintures, le plein rencontre le vide. C’est ce même équilibre que nous recherchons lorsque nous opposons la matité d’un papier à l’éclat d’un marquage à chaud. La répétition comme méditation visuelle Il y a une forme de poésie radicale dans la répétition du geste. Chaque ligne de Lee Ufan est similaire à la précédente, et pourtant, chacune est unique, car elle capture un instant T. Cette rigueur nous inspire dans notre approche du branding : la répétition d’un motif ou d’un tracé n’est jamais monotone si elle est portée par une intention forte. Elle devient une signature, une empreinte indélébile. Sources et inspirations : Lee Ufan, Considérations sur le vide et le geste, catalogue raisonné de l’artiste.Arles, Fondation Lee Ufan, dossiers thématiques sur la série From line et la matérialité du pigment.The Guardian, entretiens et critiques sur les installations minimalistes et la philosophie du Mono-ha.Beaux Arts Magazine, études sur l’évolution de la trace et la répétition dans l’art contemporain coréen.Crédits photographiesImages © Julie JoubertImages © Lee Ufan Arles PRÉCÉDENT

Syne : l’âme de la typographie entre audace et minimalisme

Syne : l’âme de la typographie entre audace et minimalisme Dans l’univers du branding, choisir une police de caractère n’est jamais un acte anodin. C’est choisir une voix, une posture, une vibration. Chez Oversour, nous avons un coup de cœur persistant pour une famille typographique qui ne ressemble à aucune autre : la Syne. Plus qu’une suite de glyphes, elle capture l’âme de la typographie moderne, oscillant entre une rigueur géométrique et une liberté presque insolente. Une naissance artistique et collaborative La Syne n’est pas née dans un laboratoire de marketing, mais pour un centre d’art. Ce pedigree se ressent dans chaque courbe. Elle a été pensée pour s’adapter, pour bousculer les codes sans jamais perdre sa lisibilité. C’est cet héritage qui lui donne cette saveur si particulière, à la fois institutionnelle et profondément avant-gardiste. L’acidulé des contrastes : de la finesse à l’extra-bold Ce qui rend la Syne fascinante, c’est sa versatilité. La version Regular est d’une sobriété exemplaire, idéale pour laisser respirer vos messages. La version Extra-Bold, avec ses formes étirées et ses terminaisons larges, devient une véritable sculpture visuelle. C’est ici que le côté acidulé d’Oversour entre en scène. Utiliser la Syne, c’est accepter de jouer avec les extrêmes. Elle permet de créer des contrastes vibrants où la lettre devient une image à part entière, un élément graphique qui s’affirme avec une confiance tranquille.  La typographie comme élixir visuel Choisir la Syne, c’est infuser une dose de poésie structurelle dans votre communication. Elle transforme un simple texte en une expérience esthétique. Chez Oversour, nous aimons la travailler comme une matière brute, la laissant dialoguer avec les blancs tournants pour que chaque mot devienne une intention forte. PRÉCÉDENT

L’âme tactile du papier : trois focus techniques pour un branding d’exception

L’âme tactile du papier : trois focus techniques pour un branding d’exception Le branding ne s’arrête pas à la limite d’un écran. Chez Oversour, nous croyons que l’identité d’une marque se révèle véritablement lorsqu’elle rencontre la matière. C’est dans ce dialogue entre l’encre et le support que naît l’émotion. Pour transformer un simple objet de communication en un élixir créatif, nous explorons des finitions de haute facture. L’embossage : le relief qui s’affirme L’embossage est sans doute la technique la plus sensorielle de notre arsenal. En déformant délicatement la fibre du papier, on crée un relief sculptural que l’on sent immédiatement sous les doigts. C’est un jeu d’ombre et de lumière qui donne du volume à un logo ou une typographie sans avoir besoin d’ajouter de couleur. C’est l’élégance brute, une présence physique qui s’affirme avec subtilité et caractère. Le marquage à chaud : l’éclat à l’état pur Si vous cherchez à capturer la lumière, le marquage à chaud est votre meilleur allié. Cette technique permet d’apposer une pellicule métallique (souvent or, argent ou cuivre) grâce à une pression thermique. Le résultat est un rendu brillant, indémodable, qui réagit à chaque mouvement de celui qui tient le support. C’est la signature du luxe, un coup d’éclat qui vient souligner l’aspect précieux de votre univers de marque. Le vernis sélectif : le jeu des contrastes vibrants Pourquoi vernir toute la page quand on peut ne viser que l’essentiel ? Le vernis sélectif est une technique de précision. En appliquant une couche brillante sur des zones spécifiques, on crée un contraste saisissant avec le fond mat du papier. C’est une finition acidulée qui guide le regard et fait ressortir les détails avec une intensité presque liquide. Un dialogue permanent entre matité et brillance qui ne laisse personne indifférent. PRÉCÉDENT

Rebecca Louise Law : Quand la fleur devient une archive éternelle

Rebecca Louise Law : Quand la fleur devient une archive éternelle Dans le monde de l’art contemporain, Rebecca Louise Law occupe une place à part. En effet, cette artiste britannique transforme des espaces entiers en jardins suspendus et immersifs. Elle ne se contente pas d’utiliser les fleurs comme un simple décor. Au contraire, elle les traite comme une matière première sculpturale. Son travail explore ainsi la relation intime entre l’être humain et le règne végétal. Elle nous invite surtout à observer la beauté dans chaque étape du cycle de la vie. Une immersion au cœur du vivant Au premier regard, ses installations impressionnent par leur échelle monumentale. Des milliers de fleurs sont suspendues au plafond par des fils de cuivre. Cependant, cette abondance visuelle cache une grande précision technique. Chaque élément est cousu individuellement à la main. C’est justement cette méthode méticuleuse qui crée une expérience sensorielle unique. Par conséquent, le spectateur déambule dans une forêt flottante où les couleurs et les textures se mélangent. Certaines œuvres botaniques s’effacent rapidement avec le temps. À l’inverse, Rebecca Louise Law valorise le processus de dessiccation. Elle laisse la nature suivre son cours au sein même de ses structures. Elle incarne donc une vision durable de l’art floral. La fleur fraîche laisse place à une forme préservée. Elle préfère ainsi montrer que la beauté réside aussi dans la décomposition et la fragilité. Le temps comme outil de création L’inspiration de l’artiste réside dans l’observation des changements naturels. Cela se traduit par une conservation totale de ses matériaux. Par exemple, elle réutilise souvent les fleurs de ses anciennes expositions pour de nouveaux projets. Ce recyclage permanent accentue l’idée d’un flux ininterrompu. C’est une œuvre qui ne finit jamais vraiment. De plus, elle accompagne le visiteur dans une réflexion sur notre propre finitude. Ses installations restent puissantes dans des galeries prestigieuses ou des églises historiques. Pourquoi son œuvre nous touche ? Contempler le travail de Rebecca Louise Law, c’est accepter de ralentir. Elle devient la voix d’une nature souvent malmenée par notre rythme moderne. D’abord, elle offre une poésie accessible à tous. Ses jardins aériens ne demandent aucun effort pour être admirés. Ensuite, son approche écologique résonne avec les enjeux actuels. Elle garantit ainsi une démarche artistique éthique et responsable. Enfin, elle offre une dimension spirituelle grâce à ses volumes vertigineux. Vous pouvez donc vivre une expérience presque méditative au milieu de ses sculptures. Sources et inspirations :Rebecca Louise Law Considérations sur les archives et catalogue raisonné de l’artiste.Royal Botanic Gardens, Kew Dossiers thématiques sur l’art botanique et la préservation végétale.The Guardian Entretiens et critiques sur les installations immersives de l’artiste.Beaux Arts Magazine Études sur l’évolution de la sculpture environnementale contemporaine. Crédits photographiesImages © Courtesy of Vantaa Art Museum Artsi / Photographer Sami Parkkinen.Images © Rebecca Louise Law PRÉCÉDENT

Funnel Sans : La précision de la donnée, le souffle de l’humain

Funnel Sans : La précision de la donnée, le souffle de l’humain Dans l’univers de la typographie numérique, Funnel Sans émerge comme une proposition singulière. En effet, elle propose une conversation entre la rigueur analytique et la fluidité organique. Le studio NORD ID et le designer Kristian Möller ont conçu cette famille avec soin. Ainsi, elle ne se contente pas d’habiller le texte. Elle cherche plutôt à donner un visage à l’invisible. Pour cela, elle s’inspire directement du mouvement des flux de données. Entre géométrie et émotion Au premier regard, Funnel Sans s’affirme comme une néo-grotesque contemporaine. Elle est à la fois robuste et fonctionnelle. Cependant, on découvre une dualité fascinante en y regardant de plus près. Ses formes oscillent entre la précision du carré et la douceur du cercle. C’est justement cette alternance qui crée son ADN unique. Par conséquent, sa structure semble aussi rigoureuse qu’un algorithme, mais aussi accueillante qu’un tracé manuel. Certaines polices techniques tombent souvent dans la froideur. À l’inverse, Funnel Sans conserve une humanité vibrante. Elle incarne donc cette nouvelle ère du design. La technologie ne cherche plus à dominer l’utilisateur. Elle préfère désormais l’accompagner avec bienveillance. Le mouvement au cœur du tracé L’inspiration première de Funnel Sans réside dans le dynamisme des données. Cela se traduit par une sensation de fluidité constante. Par exemple, sa version Display propose des fûts et des terminaisons aux angles spécifiques. Ces détails accentuent l’idée de flux. C’est une typographie qui ne reste jamais figée. De plus, elle accompagne le regard et guide la lecture avec une clarté exemplaire. Elle reste efficace sur un écran haute résolution ou au sein d’interfaces denses. Une typographie pour demain Funnel Sans prouve que le design fonctionnel peut posséder une âme. Elle fusionne la logique mathématique et la sensibilité humaniste. De ce fait, elle s’impose comme une pièce maîtresse pour les créateurs actuels. Cette typographie ne se contente pas de porter un message. Elle lui donne surtout une impulsion et une direction claire. PRÉCÉDENT

L’âme d’Instrument serif : un dialogue entre hier et demain

L’âme d’Instrument serif : un dialogue entre hier et demain On dit souvent que la typographie est la voix silencieuse d’un design. Si cette idée est vraie, alors Instrument serif ne murmure pas. Au contraire, elle déclame. Cette police se situe entre l’héritage précieux des sérifs anciens et la précision chirurgicale du design moderne. Elle s’impose donc comme une évidence pour les créatifs qui cherchent à marier la rigueur à l’audace. En effet, cette fonte ne se contente pas d’écrire. Elle sculpte l’espace avec une assurance tranquille. Une alchimie visuelle entre nostalgie et avant-garde Instrument serif rend un hommage vibrant aux typographies à empattements traditionnelles. Ces dernières évoquent l’odeur du papier journal ou la noblesse des reliures en cuir. Pourtant, sous ses airs d’érudite se cache une structure acidulée et tranchante. Sa coupe est nette, presque architecturale. Ainsi, elle condense l’élégance des siècles passés pour la projeter dans une esthétique contemporaine. C’est précisément ce mélange de mélancolie et de modernité brute qui définit l’œil d’Oversour. La démesure comme terrain de jeu Il existe des polices qui se plaisent dans l’ombre. Cependant, d’autres exigent la lumière. Instrument serif appartient définitivement à cette seconde catégorie. Elle est taillée pour les grands formats. Par conséquent, elle déploie toute sa puissance lorsqu’on lui laisse la place de respirer. Sa présence devient alors magnétique. Chaque lettre représente un équilibre parfait entre le plein et le délié. Elle impose une autorité immédiate, mais elle conserve une fluidité poétique qui adoucit son caractère. La vision Oversour : l’élégance sans la poussière Pour notre studio, le choix d’une typographie n’est jamais purement esthétique. C’est avant tout une déclaration d’intention. Instrument serif incarne cette dualité que nous chérissons tant. D’un côté, elle possède assez de sérieux pour asseoir une crédibilité. De l’autre, elle affiche suffisamment de piquant pour briser les codes. Utiliser cette police, c’est donc affirmer que le détail est roi. Finalement, elle ne remplit pas simplement le vide. Elle l’habite avec une insolence qui nous ressemble. PRÉCÉDENT

Azuma Makoto : Quand la fleur se fait sculpture de glace

Azuma Makoto : Quand la fleur se fait sculpture de glace Entre délicatesse organique et rudesse cristalline, l’artiste japonais Azuma Makoto repousse les limites de l’art floral. Zoom sur « Frozen Flowers », une œuvre où le vivant se fige pour mieux nous éblouir. Chez Oversour, nous aimons ce qui bouscule les sens. Ce qui, sous une apparence de douceur, cache une force brute et une intention radicale. C’est précisément là que se situe le travail d’Azuma Makoto. Avec sa série Frozen Flowers (2023), l’artiste ne se contente pas de composer des bouquets : il érige des architectures suspendues où la nature devient une œuvre d’art monumentale. L’héritage de l’Ikebana : au-delà de la tradition Pour comprendre Makoto, il faut plonger dans ses racines. Son travail puise directement dans l’Ikebana (l’art japonais de la composition florale), mais il en propose une lecture punk et contemporaine. Là où l’Ikebana traditionnel recherche l’harmonie entre le ciel, l’homme et la terre, Makoto y injecte une tension dramatique. Il s’inscrit dans la lignée du mouvement Gutai, qui prônait l’interaction entre la matière et l’esprit, laissant la trace de l’action humaine transformer l’élément naturel. La démarche : capturer l’éphémère Pourquoi choisir d’emprisonner des fleurs dans d’immenses colonnes de glace au cœur de la péninsule isolée de Notsuke ? Dans ce théâtre de givre à Hokkaido, Azuma Makoto orchestre un contraste radical où la délicatesse d’un pétale de dahlia vient se heurter à la morsure implacable du gel. Cette confrontation n’est pas fortuite : en enfermant le vivant dans la rudesse de la matière inerte, l’artiste engage une lutte contre la temporalité. Il cherche, avec une précision presque obsessionnelle, à arrêter le chronomètre pour immortaliser la beauté à son apogée, juste avant que le flétrissement n’opère. L’œuvre ne se contente pas d’exister seule ; elle entre en résonance avec son environnement, dialoguant avec le paysage désolé et monochrome de l’hiver japonais. Elle devient alors une intrusion chromatique, un éclat de couleurs acidulées surgissant comme un défi poétique au milieu d’un monde d’un blanc absolu. Une sculpture de vie et de mort Ce qui nous fascine chez Oversour, c’est cette capacité à transformer une matière organique en une véritable sculpture architecturale. Makoto traite la fleur comme un matériau de construction. Sous sa main, les tiges deviennent des piliers et les corolles des ornements baroques. Ses œuvres ne sont pas de simples objets de contemplation ; ce sont des expériences sur la résistance du vivant. Elles nous rappellent que la beauté est d’autant plus poignante qu’elle est fragile. Sources et inspirations :AMKK (Azuma Makoto Kaju Kenkyu-jo) – Le site officiel du jardinier-artiste et de son laboratoire de recherche botanique.The New York Times – Reportages sur les installations extrêmes d’Azuma Makoto (Ex-Zero Gravity et Frozen Flowers).Beaux Arts Magazine – Analyses sur le renouveau de l’Ikebana et le mouvement Gutai dans l’art contemporain japonais.Hypebeast / Designboom –Archives visuelles et techniques sur la série « Frozen Flowers » réalisée à Hokkaido. Crédits photographiesShiinoki Shunsuke PRÉCÉDENTSUIVANT